Lille, finaliste pour le prix "capitale verte européenne"

Candidate au prix "capitale verte européenne", Lille fait partie des trois finalistes aux côtés de Strasbourg et Lahti (Finlande).

Ce prix récompense les communes de plus de 100 000 habitants qui s'investissent en faveur de la transition écologique et du développement durable.

"Cette sélection est une belle reconnaissance de l'engagement qui est le nôtre depuis des années, et surtout des propositions pour accélérer encore ce mouvement rendu nécessaire par le réchauffement climatique", résume Martine Aubry, maire de Lille.

Le dossier de candidature lillois avait été préparé avec une soixantaine de partenaires institutionnels, associatifs et économiques.

« En créant une dynamique encore plus forte, nous voulons accélérer et intensifier nos politiques en matière de développement durable », explique Audrey Linkenheld, conseillère municipale déléguée à la mixité et à l’innovation sociale qui porte le projet.

Photo : Daniel Rapaich

Photo : Daniel Rapaich

Plantations le long de la Deûle avec le conseil municipal d'enfants. Photo : Julien Sylvestre

Plantations le long de la Deûle avec le conseil municipal d'enfants. Photo : Julien Sylvestre

Opter pour l'habitat durable et économe. Photo : Anaïs Gadeau

Opter pour l'habitat durable et économe. Photo : Anaïs Gadeau

Se déplacer autrement. Photo : Julien Sylvestre

Se déplacer autrement. Photo : Julien Sylvestre

En raison de son histoire, Lille est plutôt une ville à dominante minérale.

La nature n'y est pas oubliée pour autant, avec la création de 20 hectares supplémentaires d'espaces verts au cours du mandat municipal, dont 12 déjà réalisés. Ou encore la réapparition de quatorze espèces depuis 2002 grâce à la gestion écologique.

Mais le prix "capitale verte européenne" ne s'intéresse pas... qu'aux espaces verts !

L’évaluation des candidatures a été conduite sur la base de douze indicateurs : la contribution locale à la lutte contre le changement climatique planétaire (atténuation et adaptation), les transports, la nature et la biodiversité, l’utilisation durable des sols, la qualité de l’air, la gestion des déchets, le bruit, la gestion de l'eau, la croissance verte et l'éco-innovation, et la qualité de la gouvernance.

Transformation de la friche Fives Cail. Photo : Daniel Rapaich

Transformation de la friche Fives Cail. Photo : Daniel Rapaich

Lille va être désormais auditionnée par les experts désignés de la Commission européenne. C'est le 20 juin que le jury annoncera quelle ville lauréate sera "capitale verte européenne 2021".

MAIS QUE FAIT VRAIMENT LILLE ?

Faites défiler pour le savoir !

Lille veille aux économies d'énergie

MHD maison de l'habitat durable. Photo : Daniel Rapaich

MHD maison de l'habitat durable. Photo : Daniel Rapaich

750 000, c'est en euros le montant des primes attribuées chaque année par la Ville aux Lillois qui rénovent leur habitat de façon durable.

La Maison de l'habitat durable propose un guichet unique pour accueillir et guider le public dans ses démarches et demandes d'aides financières.

Elle organise aussi des ateliers de bricolage, conférences, rendez-vous festifs...

La Ville de Lille (en partenariat avec l'Ademe) s'est vue décerner le label Cit'ergie en 2014. Ce tableau de bord rassemble les actions à suivre en matière de mobilisé, d'énergie ou d'assainissement. Ce label sera remis en jeu pour 2018-2022.

Photo : Daniel Rapaich

Photo : Daniel Rapaich

100, c'est le pourcentage d'énergie électrique de l'éclairage public qui provient des énergies renouvelables.

En 2004, la Ville a mis en place des mesures pour atteindre l'objectif des 3X20 :

. réduction des consommations énergétiques de 20%

. diminution des gaz à effet de serre de 20%

. 20% des consommations énergétiques provenant des énergies renouvelables.

Avec la nouvelle convention des maires pour le climat et l'énergie, un nouveau défi a été lancé : réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2004.

Pour économiser, un diagnostic des 350 bâtiments municipaux a été réalisé et des travaux sont programmés chaque année.

Photo : Daniel Rapaich

Photo : Daniel Rapaich

Lille se la joue nature !

Le parc Jean-Baptiste Lebas. Photo : Daniel Rapaich

Le parc Jean-Baptiste Lebas. Photo : Daniel Rapaich

0, c’est le nombre de phytosanitaires utilisés dans les espaces verts.

Photo : Daniel Rapaich

Photo : Daniel Rapaich

Dès 2008, la Ville a décidé de supprimer les pesticides et autres produits chimiques pour entretenir ses jardins et cimetières (plus progressivement).

C'en est fini des molécules nocives pour la biodiversité et l’homme, bienvenue à la binette, à la débroussailleuse et à la rasette à main !

La gestion différenciée permet aussi de conserver les arbres morts pour abriter et nourrir insectes et champignons ou encore de laisser les feuilles mortes qui empêchent les espèces indésirables de germer.

1997, c’est l’année de création du premier jardin partagé en France, fruit d’une initiative lilloise.

Le jardin des Agrions, récente initiative d'habitants. Photo : Anaïs Gadeau

Le jardin des Agrions, récente initiative d'habitants. Photo : Anaïs Gadeau

Inspirée d’un modèle new-yorkais, le jardin des (Re)trouvailles a été créé par un groupe d’habitants, alors soutenus par la Ville, qui ont profité d’une friche pour l’aménager et y cultiver ensemble. Depuis, une dizaine d’autres jardins ont vu le jour dont plusieurs gérés par l’association les AJOnc.

Lille compte également sept jardins familiaux ou ouvriers. La nouvelle tendance, c’est de combiner jardin ouvrier et jardin partagé.

Rencontre au jardin des Cultures. Photo : Daniel Rapaich

Rencontre au jardin des Cultures. Photo : Daniel Rapaich

Le permis de végétaliser mis en place par la municipalité en 2017 facilite aussi les initiatives citoyennes dans l’espace public. S’y ajoute la végétalisation de façades et de rues, environ 200 par an, un objectif doublé dès l’an prochain.  

Chacun a un rôle à jouer !

Le permis de végétaliser en vidéo.

30, c’est le pourcentage de l’alimentation mondiale qui dépend de la pollinisation.

Photo : Anaïs Gadeau

Photo : Anaïs Gadeau

Consciente du rôle essentiel des abeilles et autres insectes pollinisateurs dans les écosystèmes, la Ville veille à leur préservation et leur valorisation. Elle favorise les plantes mellifères présentes à 50% dans les espaces verts et elle gère une cinquantaine de ruches.

Après le parc Matisse et sa « fabrique à miel »,le parc des Dondaines a vu récemment l’installation d’un HIB, habitat pour insectes butineurs.

La Ville a également créé un rucher-école pour former les futurs apiculteurs amateurs.

12, c’est le nombre d’hectares de jardins et d'espaces verts réaménagés depuis 2014.

Plaine des Vachers. Photo : Daniel Rapaich

Plaine des Vachers. Photo : Daniel Rapaich

Exemples :  le Jardin écologique dans le Vieux Lille et beaucoup de squares de proximité : le square Barbusse au Faubourg de Béthune, les squares de l’Arbonnoise et Alfred de Vigny à Vauban,  la plaine des Vachers aux Bois Blancs, le square Ghesquière à Wazemmes…

60, c'est le nombre de mares créées à Lille ces dix dernières années.

Création d'une mare dans le parc de la Citadelle. Photo : Anaïs Gadeau

Création d'une mare dans le parc de la Citadelle. Photo : Anaïs Gadeau

Pour enrichir la biodiversité, la protéger et la valoriser, Lille travaille avec des associations engagées. Elle a été aussi la première de France à se doter d'un écologue qui a rejoint les équipes des parcs et jardins voilà plus de dix ans. 

Les jardiniers creusent des mares, les libellules s’en donnent à cœur joie ! Tous les deux ans, une à deux espèces réapparaissent, comme la petite nymphe à corps de feu ou la naïade aux yeux rouges. C’est aussi la preuve que la qualité de l’eau s’améliore.

Après avoir été lauréate du concours « capitale française de la biodiversité en 2012, Lille compte actuellement quatre libellules sur cinq. Chaque année, une équipe d’experts se rend dans les villes candidates pour établir son palmarès.

Petites nymphes à corps de feu. Photo : Yohan Tison

Petites nymphes à corps de feu. Photo : Yohan Tison

La Ville fait du neuf avec du vieux !

La friche Fives Cail Babcock. Photo : Julien Fives

La friche Fives Cail Babcock. Photo : Julien Fives

56, c'est le nombre d'hectares réaménagés sur deux friches industrielles.

Euratechnologies sur la friche Le Blan Lafont. Photo : Daniel Rapaich

Euratechnologies sur la friche Le Blan Lafont. Photo : Daniel Rapaich

Les "Rives de la Haute Deûle", 40 hectares de friches à cheval sur les Bois-Blancs et Lomme, sont nées de la transformation de l’ancienne usine Le Blan Lafont, bâtiment emblématique du projet.


Résultat : EuraTechnologies, parc d’activités dédié aux technologies de l’information et de la communication qui compte 300 entreprises. Et quelque 2000 logements qui privilégient la mixité sociale. « Cette mutation installe une nouvelle modernité et la démonstration de l’incontournable valeur du bâtiment durable est ici faite », affirme l’équipe de l’agence d’architectes Brossy et Associés.

Installation d'activités gourmandes sur le site métamorphosé de Fives Cail. Photo : Daniel Rapaich

Installation d'activités gourmandes sur le site métamorphosé de Fives Cail. Photo : Daniel Rapaich

Fives Cail Babcock, 16 hectares de friches après la fermeture de ce fleuron de l'industrie sidérurgique, est en cours de transformation. Cette emprise foncière a été une véritable occasion pour « concevoir un projet singulier et innovant », précise Djamel Klouche, architecte-urbaniste à l’agence L’AUC.

Son aménagement est découpé en deux grandes phases, dont l'une prend forme jusqu'en 2020.

Au programme : une bourse du travail, un lycée hôtelier international, un gymnase, un passage couvert de 160 m de long et 25 m de haut, 1200 logements, une cuve monumentale pour alimenter les jardins d'eau, une cuisine commune, de nouvelles rues, de nombreux espaces publics...

EuraTechnologies,tout comme Fives Cail, ont été labellisés « écoquartier », reconnaissance pour la qualité de leur démarche environnementale et l'intégration aux projets des questions liées au développement durable telles que la gestion de l'eau et des énergies ou la biodiversité.

Lille évite le gaspillage

Photo : Anaïs Gadeau

Photo : Anaïs Gadeau

14, c’est le nombre de sites de compostage collectif.

Photo : Julien Sylvestre

Photo : Julien Sylvestre

Ils sont ouverts dans le cadre de permanences d'associations ou d'habitants, sur adhésion. Seize autres vont être déployés.

Autre solution : le lombricomposteur

150, c’est le nombre d’œufs pondus par une poule en une année.

Photo : Julien Sylvestre

Photo : Julien Sylvestre

Il s’agit là d’une moyenne, de quoi envisager de belles omelettes ! La poule présente aussi l’avantage de dévorer 150 kilos de déchets organiques (de table) par an.

Une autre façon de réduire ses résidus que proposent de tester la ferme Marcel Dhénin et l’association Animavia en prêtant des gallinacées…

4, c’est le nombre de « repair café » à Lille.

Photo : Anaïs Gadeau

Photo : Anaïs Gadeau

Rien ne se jette, tout se répare ! Voilà le mot d’ordre de ces ateliers, littéralement « cafés de la réparation » qui apprennent gratuitement à raccommoder, rénover, reconstituer, rabibocher toutes sortes de choses.

Et donner une deuxième vie aux objets, c’est aussi l’occasion de se rencontrer et d’échanger.

Autre lieu de rendez-vous incontournable pour les inventeurs, designers, gamers, ingénieurs et autres rêveurs : la Maker Faire qui se tient à Lille chaque année. Des centaines de makers seront encore au rendez-vous du 1 au 3 mars 2019…

2, c’est le nombre de repas végétariens servis par semaine dans les restaurants scolaires.

Photo : Anaïs Gadeau

Photo : Anaïs Gadeau

Depuis quelques mois, l’équipe de cuisiniers a revu ses « classiques » pour imaginer de nouveaux menus sans viande ni poisson. Mais toujours équilibrés et pleins de saveur !

Lille est la première ville de France à s’être lancée dans une périodicité bihebdomadaire. Remplacer les protéines animales par les protéines végétales répond à plusieurs objectifs :

  • le respect de l’environnement, sachant que « l’élevage est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial,
  • la santé, l’excès de protéines animales pouvant entraîner un surpoids ou une obésité,
  • la découverte de nouvelles saveurs méconnues.

Les équipes de restauration et d’animation ont aussi lancé des actions pour réduire le gaspillage alimentaire.

Lille prend en main la circulation

Photo : Anaïs Gadeau

Photo : Anaïs Gadeau

105, c'est le nombre de kilomètres de pistes cyclables déployées à Lille.

Photo : Anaïs Gadeau

Photo : Anaïs Gadeau

En 2008, les amateurs de bicyclette avaient à disposition 40 kilomètres de pistes.

Avec la MEL (métropole européenne de Lille), la Ville a développé les alternatives à la voiture :

  • en proposant de nouveaux services de transports collectifs  comme les lignes à haut niveau de service ou les navettes du Vieux Lille
  • en développant l’auto-partage
  • en mettant en place un nouveau plan de circulation pour apaiser le cœur de ville et favoriser les autres moyens de transport comme le démontrent les chiffres : + 42% de l’usage du vélo, + 9% de fréquentation du métro, + 23% de fréquentation des bus

Résultat : un partage plus équilibré de l'espace public.

Photo : Daniel Rapaich

Photo : Daniel Rapaich

10, c'est le nombre de minutes qu'il est conseillé d'ouvrir les fenêtres de son domicile, de son bureau, de l'école...

Animation de l'école de la forêt à l'école Anatole France. Photo : Julien Sylvestre

Animation de l'école de la forêt à l'école Anatole France. Photo : Julien Sylvestre

Aérer apporte un air nouveau dans les intérieurs pollués par les microbes, la poussière, les produits ménagers, les peintures...

En 2013, la Ville a lancé le projet SCOL'AIR. Il permet de vérifier si les établissements scolaires sont bien aérés et ventilés. Et il fait découvrir et comprendre aux enfants, aux équipes des écoles et aux parents pourquoi c'est important d'avoir un air de bonne qualité.

Elle a reçu le prix "Marianne d'air" en 2016 récompensant les actions ambitieuses déployées par les collectivités locales.

Lille aime les gens !

Fête des fleurs. Photo : Daniel Rapaich

Fête des fleurs. Photo : Daniel Rapaich

"Tout en réfléchissant et en agissant sur toutes ces questions de développement durable, nous veillons toujours à faire de Lille une ville accueillante et inclusive", affirme Audrey Linkenheld.

"Notre démarche, nous la mettons en place pour tous, plus que jamais".

Fête de la nature. Photo : Anaïs Gadeau

Fête de la nature. Photo : Anaïs Gadeau

Notre candidature au prix "capitale verte européenne", c'est un état d'esprit, la volonté d'aller encore plus loin dans nos actions et une démarche qui a un sens...

Notre candidature au prix "capitale verte européenne", c'est un état d'esprit, la volonté d'aller encore plus loin dans nos actions et une démarche qui a un sens...

Photo : Julien Sylvestre

Photo : Julien Sylvestre